

![]()
“Twenty-five years have flown by without me noticing. It has been so intense!“, confides Alain Souleille.
It is in 2001 that the head of Rivages du Monde founded his cruise company.
This year, he is celebrating its twenty-five years, marking the moment with a Danube event-cruise from October 19 to 30 aboard the M/S Amadeus Silver II.
If success remains on track – 50 million in revenue and 45 employees in France and in the Belgian branch -, this quarter of a century has been anything but a smooth voyage.
It is in 2001 that the head of Rivages du Monde founded his cruise company.
This year, he is celebrating its twenty-five years, marking the moment with a Danube event-cruise from October 19 to 30 aboard the M/S Amadeus Silver II.
If success remains on track – 50 million in revenue and 45 employees in France and in the Belgian branch -, this quarter of a century has been anything but a smooth voyage.
Rebondir sans cesse
Que de rebondissements ! Pour commencer, la crise financière de 2008 ; puis, l’arrêt des croisières sur l’Irrawaddy après le coup d’État militaire de février 2021 en Birmanie ; ensuite, la crise du Covid ; enfin, avec l’intervention militaire russe en Ukraine, la perte du marché russe qui représentait environ 30% de l’activité de Rivages du Monde.
A chaque fois, Alain Souleille a su rebondir.
Plutôt que de s’attarder sur la disparition du marché russe, il se félicite d’être aujourd’hui à la tête d’une compagnie “beaucoup plus stable” car “moins dépendante d’un marché.” Et il philosophe : “bien malin qui peut dire : cela ne m’arrivera jamais !.”
“Aujourd’hui, le risque géopolitique est global,” relativise cet homme qui garde de son enfance dans le Sud-Ouest, une très légère pointe d’accent. Et aussi le goût de vacances “authentiques” dans le Lot, où il va se ressourcer chaque été en famille et profiter de la beauté des paysages.
A chaque fois, Alain Souleille a su rebondir.
Plutôt que de s’attarder sur la disparition du marché russe, il se félicite d’être aujourd’hui à la tête d’une compagnie “beaucoup plus stable” car “moins dépendante d’un marché.” Et il philosophe : “bien malin qui peut dire : cela ne m’arrivera jamais !.”
“Aujourd’hui, le risque géopolitique est global,” relativise cet homme qui garde de son enfance dans le Sud-Ouest, une très légère pointe d’accent. Et aussi le goût de vacances “authentiques” dans le Lot, où il va se ressourcer chaque été en famille et profiter de la beauté des paysages.
A Rivages, il a commencé par ce qu’il savait faire

Avec pareille ascendance, l’aventure de Rivages du Monde peut paraître surprenante. Elle ne l’est pas.
Historien de formation, spécialiste de l’histoire des Balkans, Alain Souleille a appris à parler russe, allemand, serbe et croate. Il a aussi épousé une Serbe rencontrée sur les bancs de la fac.
C’est donc assez naturellement qu’il est devenu, d’abord, directeur de production pour l’Europe de l’est et la Russie chez Transtours.
Logiquement aussi que, lors de la création de Rivages du monde, il a “commencé par ce qu’il savait déjà faire“ : des croisières Saint Pétersbourg-Moscou.
“Deux ans plus tard, nous affrétions cinq bateaux russes et faisions partir 10 000 passagers. Il est vrai que l’ancienne capitale impériale russe fêtait ses 300 ans“, se souvient-il.
Malgré cet énorme succès, Alain Souleille a vite compris le danger d’une destination unique et la nécessité de se diversifier en proposant des croisières sur le Danube, le Mékong, l’Irrawady, le Brahmapoutre, le Gange…
“J’ai fait les choses très progressivement et de manière opportuniste, en fonction des bateaux disponibles“, confie-t-il.
Historien de formation, spécialiste de l’histoire des Balkans, Alain Souleille a appris à parler russe, allemand, serbe et croate. Il a aussi épousé une Serbe rencontrée sur les bancs de la fac.
C’est donc assez naturellement qu’il est devenu, d’abord, directeur de production pour l’Europe de l’est et la Russie chez Transtours.
Logiquement aussi que, lors de la création de Rivages du monde, il a “commencé par ce qu’il savait déjà faire“ : des croisières Saint Pétersbourg-Moscou.
“Deux ans plus tard, nous affrétions cinq bateaux russes et faisions partir 10 000 passagers. Il est vrai que l’ancienne capitale impériale russe fêtait ses 300 ans“, se souvient-il.
Malgré cet énorme succès, Alain Souleille a vite compris le danger d’une destination unique et la nécessité de se diversifier en proposant des croisières sur le Danube, le Mékong, l’Irrawady, le Brahmapoutre, le Gange…
“J’ai fait les choses très progressivement et de manière opportuniste, en fonction des bateaux disponibles“, confie-t-il.
Culture, rencontres et émotions
Rivages du Monde n’a, en tous cas, jamais imaginé rivaliser avec les mastodontes du secteur, Costa croisières, MSC ou même CroisiEurope.
“Rivages du Monde pratique l’artisanat, quelquefois la haute couture“, précise Alain Souleille qui affrète les bateaux avec lesquels il navigue.
Des bateaux de petite ou moyenne capacité, qui lui ont permis de se placer sur le terrain des croisières intimistes, culturelles et 100% francophones.
“C’est ça notre ADN. Et, tout est inclus. Cela simplifie énormément l’expérience client“, dit-il.
Majoritairement seniors et issus de catégories socioprofessionnelles supérieures, ses clients sont plus motivés par la découverte que par la navigation. “Nous portons toujours une attention particulière aux choix des conférenciers invités à bord, qui interviennent en sus des guides“, insiste le patron de Rivages du Monde.
Il explique : “Notre objectif est que chaque voyageur vive quelque chose qu’il n’aurait pas découvert seul. Nous visitons les sites incontournables, mais nous aimons surprendre : nous faisons aussi des rencontres avec des artisans, des visites d’écoles, de fermes, des expériences culinaires, nous avons de la danse, des moments musicaux…”
L’idée, c’est de “permettre une immersion complète, mêlant culture, rencontres et émotions.”
“Rivages du Monde pratique l’artisanat, quelquefois la haute couture“, précise Alain Souleille qui affrète les bateaux avec lesquels il navigue.
Des bateaux de petite ou moyenne capacité, qui lui ont permis de se placer sur le terrain des croisières intimistes, culturelles et 100% francophones.
“C’est ça notre ADN. Et, tout est inclus. Cela simplifie énormément l’expérience client“, dit-il.
Majoritairement seniors et issus de catégories socioprofessionnelles supérieures, ses clients sont plus motivés par la découverte que par la navigation. “Nous portons toujours une attention particulière aux choix des conférenciers invités à bord, qui interviennent en sus des guides“, insiste le patron de Rivages du Monde.
Il explique : “Notre objectif est que chaque voyageur vive quelque chose qu’il n’aurait pas découvert seul. Nous visitons les sites incontournables, mais nous aimons surprendre : nous faisons aussi des rencontres avec des artisans, des visites d’écoles, de fermes, des expériences culinaires, nous avons de la danse, des moments musicaux…”
L’idée, c’est de “permettre une immersion complète, mêlant culture, rencontres et émotions.”
40% des ventes via les agences de voyages
Largement positionné sur la croisière fluviale, Alain Souleille n’a pas boudé pour autant la croisière côtière ou maritime, développant avec succès sur la mer le même concept de voyages-découvertes francophones et toujours avec des bateaux de taille modeste.
Manque de chance, à la fin de l’été 2025, Rivages du Monde a perdu l’affrètement de son principal bateau maritime, le World Explorer (98 cabines, jusqu’à 180 passagers), alors vendu par son propriétaire.
Un rude coup. Affrété 200 jours par an, le World Explorer totalisait à lui seul 3000 passagers. Environ 20% du total des clients de Rivages du Monde qui, d’une manière générale, réalise 40% de ses ventes via des agences de voyages.
Plutôt que de se démener pour trouver un autre navire maritime, Rivages du Monde s’est recentré sur le fluvial et les petites unités : aujourd’hui, son plus gros bateau emmène sur le Danube jusqu’à 150 passagers. Cela ne l’empêche pas de continuer le maritime avec des b[affrètements ponctuels : Japon, Nouvelle-Zélande, Galápagos et Patagonie.
Manque de chance, à la fin de l’été 2025, Rivages du Monde a perdu l’affrètement de son principal bateau maritime, le World Explorer (98 cabines, jusqu’à 180 passagers), alors vendu par son propriétaire.
Un rude coup. Affrété 200 jours par an, le World Explorer totalisait à lui seul 3000 passagers. Environ 20% du total des clients de Rivages du Monde qui, d’une manière générale, réalise 40% de ses ventes via des agences de voyages.
Plutôt que de se démener pour trouver un autre navire maritime, Rivages du Monde s’est recentré sur le fluvial et les petites unités : aujourd’hui, son plus gros bateau emmène sur le Danube jusqu’à 150 passagers. Cela ne l’empêche pas de continuer le maritime avec des b[affrètements ponctuels : Japon, Nouvelle-Zélande, Galápagos et Patagonie.
Des nouveautés pour séduire les “repeaters”
Eloge de la lenteur

“Nos clients ont besoin de confort. Mais, depuis le Covid, leur demande s’oriente davantage vers de petites unités.” Selon le fondateur de Rivages du Monde, “le succès des croisières fluviales tient pour partie à la vitesse modeste des bateaux : 20 à l’heure.”
Tout de même, avec les bouleversements climatiques, les sécheresses entraînent parfois une baisse du niveau des fleuves, et par contrecoup des modifications importantes des trajets au profit de l’autocar. “C’est un problème, convient Alain Souleille. Mais, en mer, les tempêtes sont désormais bien plus fortes. Pourtant, notre année 2025 a été très paisible“.
Ne convient-il tout de même pas de s’inquiéter ? Les prix des carburants s’emballent à cause de la guerre au Moyen-Orient. “Nous essayons d’amortir du mieux possible les hausses, sans faire de compromis sur la qualité. Par chance, nos bateaux consomment moins de carburant qu’avant et polluent moins“, réplique Alain Souleille.
Tout de même, avec les bouleversements climatiques, les sécheresses entraînent parfois une baisse du niveau des fleuves, et par contrecoup des modifications importantes des trajets au profit de l’autocar. “C’est un problème, convient Alain Souleille. Mais, en mer, les tempêtes sont désormais bien plus fortes. Pourtant, notre année 2025 a été très paisible“.
Ne convient-il tout de même pas de s’inquiéter ? Les prix des carburants s’emballent à cause de la guerre au Moyen-Orient. “Nous essayons d’amortir du mieux possible les hausses, sans faire de compromis sur la qualité. Par chance, nos bateaux consomment moins de carburant qu’avant et polluent moins“, réplique Alain Souleille.
Encore plein d’énergie
Ce chef d’entreprise semble avoir des nerfs d’acier. Dans un contexte international tendu, les réservations se portent globalement bien, il est vrai.
Et puis Alain Souleille se refuse à être pessimiste. “Les évolutions de la société font que l’on travaillera de moins en moins tandis que la demande de loisirs prendra plus d’ampleur. Il n’y a d’ailleurs jamais autant eu de bateaux en construction alors que les investisseurs n’ignorent rien du contexte actuel“, insiste-t-il.
Sans nul doute, 25 ans à la tête de Rivages du Monde, cela vous tanne le cuir. “Il faut essayer d’anticiper. Et puis la France fait partie des pays les plus riches du monde, tout ne va pas s’écrouler”, dit-il, s’affichant “serein“.
Tout de même, comment voit-il l’avenir de l’entreprise qu’il a construit et qui occupe une place particulière sur le marché français de la croisière ?
L’heure de chercher un successeur n’est pas venue. Certes, sa “ fille ne reprendra pas.” Mais, à 66 ans, Alain Souleille se sent “encore plein d’énergie.” Et, il estime “avoir un peu de temps devant lui pour trouver des nouveautés et continuer à avancer, à la mesure de ses moyens“.
Et puis Alain Souleille se refuse à être pessimiste. “Les évolutions de la société font que l’on travaillera de moins en moins tandis que la demande de loisirs prendra plus d’ampleur. Il n’y a d’ailleurs jamais autant eu de bateaux en construction alors que les investisseurs n’ignorent rien du contexte actuel“, insiste-t-il.
Sans nul doute, 25 ans à la tête de Rivages du Monde, cela vous tanne le cuir. “Il faut essayer d’anticiper. Et puis la France fait partie des pays les plus riches du monde, tout ne va pas s’écrouler”, dit-il, s’affichant “serein“.
Tout de même, comment voit-il l’avenir de l’entreprise qu’il a construit et qui occupe une place particulière sur le marché français de la croisière ?
L’heure de chercher un successeur n’est pas venue. Certes, sa “ fille ne reprendra pas.” Mais, à 66 ans, Alain Souleille se sent “encore plein d’énergie.” Et, il estime “avoir un peu de temps devant lui pour trouver des nouveautés et continuer à avancer, à la mesure de ses moyens“.


Publié par Paula Boyer 


