Museums and Health: The Rise of Museotherapy [ABO]


Lorsqu’une personne observe une œuvre, des zones cérébrales associées au plaisir et à la relaxation sont activées - DepositPhotos.com, anyaberkut

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Tout le monde a entendu parler du syndrome de Stendhal ?

Celui éprouvé par le célèbre écrivain en visitant la basilique Santa Croce à Florence au cours de laquelle il est passé par un état à mi-chemin entre l’extase esthétique et une transe mystique, au contact des artistes qui en ont signé les splendeurs.

Consacrant la magie dont est capable une œuvre d’art sur nos émotions, ce syndrome qui s’est manifesté chez l’écrivain par toutes sortes de sensations physiques, ne constitue pas qu’une légende.

Le contact avec de beaux paysages, des monuments, des œuvres d’art qu’elles soient musicales ou graphiques, naturelles ou artificielles est indéniablement à la base d’un sentiment de bien-être dont nous avons tous besoin.

D’où la prolifération d’offres culturelles dans les programmes des voyagistes et la forte demande exprimée par bon nombre de touristes de tous âges pour des visites de sites et monuments exposant toutes sortes d’œuvres antiques ou contemporaines témoignant d’une part du génie humain et de l’histoire d’un pays, mais capables, d’autre part, de sublimer le mental de chacun d’entre nous.



Museums and Museotherapy

In the forefront of these places that foster encounters with “the beautiful,” museums are no longer content with simply engaging the public; they now pair the experience with a palette of wellbeing practices capable of multiplying positive sensations in our brain and body.

This is how one can conduct a yoga session or attend a concert or take a simple stroll and feel real benefits.

Where? In any museum, or in those that offer museotherapy workshops such as the Fine Arts Museum in Lille.


Montreal: A Museum on Prescription

C’est cependant historiquement parlant, l’Association des médecins francophones du Canada, en collaboration avec le Musée des Beaux-Arts de Montréal, qui a mis sur pied un projet original qui a permis à des milliers de patients de bénéficier d’une visite au musée, octroyée sur ordonnance, en complément de leurs traitements conventionnels.

Après des expérimentations dans les années 1990-2000, notamment via le programme Meet Me du MoMA destiné aux patients atteints d’Alzheimer, l’initiative canadienne fait de la « muséothérapie » une pratique à part entière, où le musée se transforme en un lieu de soin et de mieux-être.

Dès 2016, Nathalie Bondil, alors directrice du musée et considérée comme une pionnière sur la question, défendait l’idée « qu’au XXIe siècle, la culture sera pour la santé ce que le sport a été au XXe siècle : l’expérience culturelle contribuera au mieux-être, comme la pratique du sport à notre forme physique ».

Bondil, aujourd’hui directrice du musée et des expositions de l’Institut du monde arabe à Paris, enseigne la muséothérapie à l’École du Louvre.

Bruxelles, pour sa part, a été la première ville à lancer des prescriptions muséales en 2022. Sur le même modèle.

Montpellier a suivi et vu naitre le projet Art sur ordonnance. A Paris, le projet Bulle d’Art a réuni Paris Musées et le fonds d’art contemporain pour proposer des méditations guidées devant des œuvre d’art.

Au Louvre-Lens, on expérimente un espace de thérapie comme au Hamo au Palais de Tokyo à Paris… Sans compter les séances de musicothérapie qui, pour leur part, sont plus nombreuses et anciennes.

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Scientific Evidence

Mais, est-on bien sûr de l’intérêt de cette thérapie ? Eh bien, oui.

Grâce à une étude de l’University College de Londres menée sur un échantillon de 6 000 personnes pendant 12 ans, on a constaté que le taux de mortalité est plus faible chez les personnes qui ont pu fréquenter régulièrement un musée que chez les autres.

Au Japon, un muséologue Izumi Ogata a continué l’expérimentation de 2020 à 2024 avec son projet de bain muséal « Haku/Butsu/Kan/Yoku » en japonais, sur un échantillon de 1 300 personnes. Conclusion : une baisse généralisée de l’anxiété et un ajustement de la pression artérielle.

Plus probant encore, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est employé à explorer les effets bénéfiques de l’art sur la santé.

Après avoir analysé plus de 900 études internationales, le Bureau régional pour l’Europe de l’institution est catégorique : il confirme la façon dont différentes formes d’arts – littérature, culture, arts de la scène, arts visuels, arts en ligne – peuvent promouvoir la santé.

Du diabète à l’obésité, du stade gestatif à la fin de vie, de la petite enfance jusqu’aux personnes âgées, les arts font bel et bien montre de leurs effets positifs : améliorer le sommeil des enfants avec des histoires au coucher, la prise de décisions des adolescents avec une formation théâtrale, les fonctions cognitives chez les personnes atteintes de démence grâce à la musique, les fonctions motrices chez les patients atteints de Parkinson grâce à la danse…

Bref, les exemples de cette étude parue en 2019 sont légion. Mais, comme le précise Christopher Bailey, responsable des arts et de la santé à l’OMS, « Les arts n’ont pas pour but de guérir – ils ne guérissent pas le cancer. Mais les arts peuvent soigner. »

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Amara Nambinga

Amara Nambinga

I write about tourism, culture, and emerging destinations with a Namibian perspective. Through my articles, I try to highlight the places, people, and travel stories that show how Africa and the wider world are changing.