Returning to France After a Long Trip: Why the Homecoming Is Often Harder Than Expected

Four years ago, they dropped everything: the apartment, the steady job, the car. They headed to Australia for what was meant to be the first big journey of their lives. Thibaut and Pauline, 25 and 26, didn’t know each other yet when they left France. A few weeks later, they fell in love and began traveling together.

At first, they stayed because they loved Australia and wanted to keep exploring the country. But when their visa could no longer be renewed, the return became unavoidable: “We told ourselves, it’s the end of Australia, a page is turning. We are going to travel for six months in Southeast Asia before returning to France.”

But as the deadline drew closer, concerns emerged: “What scares us is re-acclimating to the French system, explains Pauline. We are bilingual, we don’t want to lose our English and we are used to the Anglophone system, with a great openness in companies. Here, we focus more on our experience and our personality than on our diplomas. And I earn a better living.”

Finalement, au lieu de rentrer, le couple a postulé à un Programme Vacances-Travail (PVT) en Nouvelle-Zélande.

“Nous n’évitons pas à 100 % de rentrer en France, mais nous n’essayons pas d’y retourner non plus. Si nous ne trouvons pas de sponsor pour obtenir un visa en Nouvelle-Zélande, nous pensons déjà au Canada”, raconte le couple. Avec la distance, les aspects qui leur plaisent moins en France se sont accentués. Ils s’inquiètent du coût des loyers, de la qualité de vie, mais aussi du sentiment d’insécurité. Malgré les atouts qu’ils reconnaissent au pays, une part d’eux appréhende toujours l’idée d’y revenir.

Travel, Identity Change and Acclimatization

Pour de nombreux voyageurs, le retour est loin d’être une simple formalité. Après plusieurs années à l’étranger, retrouver sa vie d’avant peut s’avérer plus difficile qu’on ne l’imagine. Floriane, 32 ans, en a fait l’expérience.

Après plusieurs séjours à l’étranger pendant ses études, puis près de deux ans en Australie et un PVT en Nouvelle-Zélande, Floriane décide de rentrer en France en juin 2025 : “Je me suis dit : j’ai 31 ans, ça fait trois ans que je ne vis plus en France, je ne cotise pas pour la retraite, mon CV ressemble un peu à n’importe quoi… ce sont toutes ces questions qui m’ont fait revenir.” Pourtant, une fois en France, les doutes s’intensifient. Lorsqu’elle retrouve ses amis, le décalage est brutal : “Certains de mes proches me disaient : “On vient d’acheter l’appart” ou “On attend le bébé”. J’étais contente pour eux, mais je me prenais un coup de poignard à chaque fois, à me dire : “Mais merde, qu’est-ce que j’ai foutu ?”.

Peu à peu, elle remet en question ses choix, à commencer par son métier de journaliste. Mais ses doutes dépassent le cadre professionnel : ai-je bien fait de rentrer ? Dois-je repartir ? Mais où, et pourquoi ? Des interrogations qu’elle traverse seule, son expérience étant difficile à partager avec son entourage.

Bien vivre son retour en France est possible, à condition de l’anticiper. Le piège est de penser que revenir dans son pays d’origine ne nécessite aucun ajustement. Pour Matthieu Fouché, il faut anticiper ce changement sur le plan mental : « n arrive dans un nouveau pays, l’environnement est tellement différent qu’il y a forcément des modifications identitaires, explique-t-il. Cela entraîne souvent le sentiment d’évoluer positivement : apprendre de nouvelles choses, devenir quelqu’un que l’on apprécie à ce moment-là.”

Le retour implique alors un nouveau bouleversement, parfois appelé en psychologie « choc culturel inversé » : le fait de revenir dans un lieu censé être familier, mais qui semble soudain étranger. “Souvent, de retour d’ expatriation, on ne se rend pas compte de ce qu’il va se passer, explique Pascale Chazelle, coach certifiée dans l’accompagnement des conjoints expatriés. Il y a souvent une période de questionnement et une nécessité de se réinventer : les valeurs ont changé, la relation avec la famille ou les amis aussi, et se pose la question de qui je suis et quels sont mes projets.”

Living Well Upon Returning to France

Living well upon returning to France is possible, provided it is anticipated. The trap is to think that returning to one’s homeland requires no adjustment. For Matthieu Fouché, one must anticipate this mental shift: “When you’re preparing to go to a new country, you expect it to be difficult, that you’ll have to make an effort to meet people. And, well, you should have a bit of that same mental preparation before returning to France.”

This work can also involve introspection. Pascale Chazelle particularly recommends listing the skills gained abroad, to become aware of the evolutions you’ve undergone and to integrate this new identity.

After several years in Australia and Asia, Damien and Fanny, 31, decide to return. After a month of happiness at seeing their loved ones again, the blues arrive: “We were looking forward to our return to France, and yet after a month, ouch. Small depression,” recounts Damien. It’s the first time I’ve ever experienced this in my life. It hurts, I hadn’t seen it coming.

Alors, le couple prend une décision : faire les saisons en France. “C’était une manière pour nous de garder un peu ce côté backpacker, ajoute le jeune homme. Nous avons enchaîné les saisons dans le Sud-Ouest, puis fait une saison en Savoie et actuellement nous sommes du côté de Saint-Malo. Après cet été, je pense que nous allons essayer de nous poser définitivement.”

Si Damien et Fanny ont pu compter l’un sur l’autre, et sont aujourd’hui heureux d’être rentrés, certains voyageurs se retrouvent confrontés à l’incompréhension de leur entourage, renforçant leur sentiment d’isolement. Matthieu Fouché et Pascale Chazelle conseillent alors de se rapprocher de personnes ayant vécu des expériences similaires.

Cependant si le coup de blues s’installe dans le temps avec un réel impact sur la vie quotidienne, une difficulté à établir des liens avec les autres, une tristesse qui se rapproche des symptômes dépressifs, il convient de se faire accompagner par un psychologue.

Le retour en France n’est donc pas forcément un renoncement, mais peut devenir une nouvelle étape. Et si, malgré tout, l’envie de repartir se fait sentir, l’aéroport ne sera jamais bien loin.

Amara Nambinga

Amara Nambinga

I write about tourism, culture, and emerging destinations with a Namibian perspective. Through my articles, I try to highlight the places, people, and travel stories that show how Africa and the wider world are changing.