Miyazaki-Inspired House in China Attracted Tourists, Authorities Demolished It

Pendant des années, elle a intrigué les voyageurs de passage dans la province chinoise du Guizhou. Avec ses étages empilés de manière improbable, ses structures en bois et ses échafaudages de bambou, cette habitation hors normes évoquait pour beaucoup les décors fantastiques des films du studio Ghibli, fondé par Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Mais cette maison devenue attraction touristique dans le village de Xingyi a finalement été détruite par les autorités chinoises. Une démolition spectaculaire qui met fin à un long bras de fer entre son propriétaire et l’administration locale.

A Structure That Became a Symbol of Resistance

À l’origine, la maison de Chen Tianming n’était qu’un simple bungalow en pierre situé dans le village de Xingyi, dans le sud-ouest de la Chine. Mais à partir de 2018, cet habitant de 43 ans a commencé à transformer progressivement l’habitation familiale en une construction verticale atypique, composée de petites pièces en contreplaqué empilées les unes sur les autres.

Selon l’AFP, Chen Tianming a investi environ 200 000 yuans, soit plus de 25 000 euros, sur une période de huit ans pour donner forme à ce projet. Au fil du temps, la bâtisse a gagné des étages jusqu’à atteindre une dizaine de niveaux. Et sa silhouette pyramidale et désordonnée a rapidement attiré l’attention des touristes et des internautes chinois.

De nombreux visiteurs se sont alors mis à comparer cette maison aux univers imaginés par Hayao Miyazaki, célèbre réalisateur japonais et cofondateur du Studio Ghibli. De “Princesse Mononoké” au “Voyage de Chihiro” en passant par “Totoro” et “Le Château Ambulant”, le studio Ghibli est connu pour ses films d’animation aux décors très détaillés, souvent composés de villages anciens, de bâtiments immenses aux formes irrégulières et d’univers mêlant nature, poésie et fantastique.

De quoi, donc, faire penser aux assemblages de bois, les détails bricolés et l’aspect presque irréel de la maison de Chen Tianming. Plusieurs internautes chinois ont notamment fait le parallèle avec “Le Château ambulant”, un film mettant en scène une immense construction mobile composée d’extensions métalliques et d’éléments assemblés de manière chaotique. Comme dans ce long-métrage, la maison de Xingyi semblait s’être construite progressivement, presque sans logique architecturale classique, au fil des ajouts réalisés par son propriétaire.

Mais derrière cette apparence poétique se cachait un contexte beaucoup plus conflictuel. En 2018, une grande partie du village de Xingyi avait été détruite dans le cadre d’un projet touristique porté par les autorités locales. La région est connue pour ses paysages montagneux spectaculaires, très prisés des visiteurs. Alors que de nombreuses familles ont quitté les lieux, celle de Chen Tianming a refusé de partir.

Le projet de complexe touristique ayant ensuite pris du retard, l’homme a poursuivi la transformation de sa maison, malgré les avertissements répétés des autorités. Ces dernières considéraient l’édifice comme dangereux et dépourvu des autorisations nécessaires.

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A Swift Demolition Under Police Supervision

Le conflit a pris une tournure décisive en août 2024, lorsque les autorités locales ont officiellement qualifié la maison de “construction illégale”. Chen Tianming a alors reçu l’ordre de détruire tous les ajouts réalisés au fil des années et de ne conserver que le bungalow d’origine.

Le 18 mai dernier, les autorités de Xingyi ont adressé un dernier avis à la famille, exigeant qu’elle quitte les lieux avant 9h du matin le mercredi suivant. Après l’expiration du délai, des agents des forces de l’ordre et du bureau de la sécurité publique sont intervenus sur place. Selon l’AFP, Chen Tianming et ses parents ont été escortés hors de la propriété avant le début de la démolition. Son téléphone aurait également été confisqué et il aurait été placé en détention pendant l’opération.

Quelques heures seulement ont suffi pour réduire la construction à son état initial. Sur les images filmées après les faits, on distingue des amas de matériaux éparpillés là où se dressait auparavant cette étrange tour devenue célèbre sur les réseaux sociaux.

Malgré la disparition de sa maison, Chen Tianming affirme ne pas éprouver de regrets. “Je ne ressens pas de regret, parce que regretter ne sert à rien”, a-t-il déclaré à l’AFP. Il a également ajouté : “Je ne me blâme pas non plus de ne pas avoir réussi à la protéger : c’est simplement que la force qui a conduit à sa destruction était trop puissante”. L’homme espère désormais obtenir une reconnaissance juridique du caractère illégal de cette démolition forcée. “Alors j’aurai une chance de la restaurer“, a-t-il conclu.