Contrasts Accelerates in Niche Markets and Opens the Door to B2B [ABO]


Olivier de Nicola, président du groupe Contrastes : "Secrets de Voyages travaille avec un certain nombre d'agences et de réseaux, et travaille bien. Est-ce que demain ce savoir-faire va s'ouvrir ou pas à d'autres marques du groupe ? Cela pose une question stratégique sur laquelle nous allons nous poser." - Photo Contrastes

Aer Lingus


TourMaG – Avec l’arrivée de Secrets de Voyages, Contrastes regroupe désormais plusieurs entités : Contrastes Voyages, Running, Croisières, Golf, Events ainsi que Greens du Monde et Somerset. Comment articulez-vous ces différentes activités et marques ?

Olivier de Nicola :
Certaines marques que nous avons reprises, comme Greens du Monde ou Somerset, spécialiste de l’évènementiel, sont arrivées alors que Contrastes avait déjà développé Contratres Golf, et Contrastes Events.

Nous n’avons pas cherché à faire des regroupements au risque de diluer les savoir-faire, les responsabilités ou l’implication des équipes. Nous sommes au contraire très attachés à leur laisser une certaine autonomie. C’est aussi, pour nous, une très bonne manière de préserver leur savoir-faire et leur culture.

Nous essayons d’être pragmatiques. Toutes nos marques ont une antériorité, une histoire. Greens du Monde, par exemple, est à l’origine du métier du voyage golfique. Cela fait 33 ans que la marque existe. Elle a donc son histoire, sa notoriété et sa puissance de marque.

Dans ces conditions, nous avons tendance à conserver les entités, leurs cultures et leurs forces. S’il y a certaines faiblesses, nous pouvons les compenser, mais nous laissons plutôt les entreprises fonctionner de manière autonome.

A lire : Secrets de Voyages rejoint Contrastes pour accélérer son développement

Nous allons appliquer la même recette à Secrets de Voyages. C’est une belle marque, avec un vrai savoir-faire et une histoire. Nous préférons conserver cette qualité plutôt que de tout fondre dans une seule entité.



TourMaG – Où allez-vous chercher les synergies entre ces différentes activités ?

Olivier de Nicola :
Nous ne sommes pas forcément dans une logique de mutualisation des achats. L’essentiel de notre activité repose sur des prestations sur-mesure. Nous n’allons pas nécessairement acheter moins cher parce que nous avons plusieurs marques. Nous cherchons avant tout le meilleur partenaire et la meilleure efficacité.

Sur la partie réceptive, un spécialiste du voyage de luxe n’est pas forcément le meilleur acteur pour la course à pied, par exemple. Les équipes conservent donc beaucoup d’autonomie sur ces sujets.

En revanche, nous pouvons mutualiser certaines fonctions et surtout créer des passerelles entre nos différentes activités.

Nous avons une clientèle qui peut avoir plusieurs centres d’intérêt. Un même client peut être un voyageur haut de gamme, un golfeur, décider de courir un marathon, faire une belle croisière ou être également un décideur d’entreprise.

C’est intéressant parce que le coût d’acquisition d’un client est important. S’il est satisfait et fait appel à plusieurs de nos services, c’est évidemment positif. C’est là que nous pouvons créer des synergies entre nos différentes activités.


TourMaG – L’arrivée de Secrets de Voyages vous permet de vous ouvrir au B2B. Est-ce que d’autres activités du groupe pourraient ainsi prendre le virage du B2B ?

Olivier de Nicola :
C’est une question que nous allons nous poser. Jusqu’à présent, certaines de nos activités, notamment dans le running, n’étaient pas ouvertes à la revente aux agences.

Sur les marathons, nous avons aussi des contraintes contractuelles qui nous interdisent de revendre des dossards. En revanche, nous avons des produits trail que nous avons créés et que nous maîtrisons entièrement, comme le Trail de la Muraille de Chine, que nous faisons depuis 25 ans, qui pourraient être revendus en B2B.

Et là, on rebondit sur de vieux débats : la rémunération et le montant de la commission, les délais de paiement… Je n’ai pas tranché.

Secrets de Voyages travaille avec un certain nombre d’agences et de réseaux, et travaille bien. Est-ce que demain ce savoir-faire va s’ouvrir ou pas à d’autres marques du groupe ? Cela pose une question stratégique sur laquelle nous allons nous poser.

Nous sommes déjà dans une phase d’intégration de Secrets de Voyages. Jusqu’à présent, nous n’avions même pas forcément les outils permettant de gérer une activité de revente. Avec Secrets de Voyages, nous avons désormais ces compétences.

Il faut aussi trouver le bon modèle. Nous ne pouvons pas renchérir tous nos produits uniquement parce qu’il faudrait intégrer une commission supplémentaire.

Nous pourrons nouer des relations de gré à gré. Cela peut aussi venir d’une demande du client : un chef d’agence est golfeur ou coureur, connaît nos produits et souhaite les proposer à ses clients. Nous réfléchissons à tout cela.


TourMaG – Le B2B n’est pas un univers totalement inconnu pour vous… Vous avez eu un parcours chez Fram et Thomas Cook.

Olivier de Nicola :
En effet. Secrets de Voyages est notre premier acteur véritablement positionné sur le B2B, même si nous avions déjà une expérience dans cet univers. Nous avons notamment été actionnaires pendant plusieurs années d’un Océan de Croisières, qui réalisait l’essentiel de son activité en B2B.

De mon côté, mon parcours chez Thomas Cook et Fram m’a également permis de baigner dans cet environnement et d’en connaître les mécanismes.

TourMaG – Ces produits que vous pourriez éventuellement revendre en B2B, envisagez-vous de les commercialiser aussi sur des marchés à l’étranger ?

Olivier de Nicola :
C’est l’une de nos prochaines étapes naturelles. Il y a des courses partout dans le monde. Pourquoi des Anglais ou des Allemands ne viendraient-ils pas courir sur la Muraille de Chine ?

Nous restons néanmoins une petite société, une PME avec ses moyens. C’est donc une réflexion que nous avons dans un coin de la tête.

Cela pourrait aussi avoir des effets de synergie avec nos autres activités, notamment le golf.



“Nous sommes régulièrement sollicités sur des dossiers”


“L’acquisition de Secrets de Voyages renforce notre ancrage à Paris”

TourMaG – Quelles sont les prochaines étapes pour Secrets de Voyages ?

Olivier de Nicola :
Nous sommes en train de prendre nos marques. La transaction s’est faite au milieu de l’été et nous sommes encore dans une phase d’évaluation et en train de poser la stratégie pour la mettre sur les bons rails.

L’objectif est bien sûr de développer le business.

A lire : Nathalie Bueno : la complémentarité avec Contrastes Voyages “est une bouffée d’oxygène”

TourMaG – L’acquisition de Secrets de Voyages répond-elle aussi à cette volonté de renforcer votre présence à Paris ?

Olivier de Nicola :
Oui. Aujourd’hui, nous sommes historiquement implantés à Nice, avec également des implantations à Antibes, Ollioules et Nantes, notamment selon les activités. Nous sommes aussi présents à Ramatuelle avec Greens du Monde.

Nous sommes présents à Paris, à travers l’évènementiel et désormais Secrets de Voyages qui nous permet de nous ancrer davantage dans la capitale. Il se passe beaucoup de choses à Paris. C’est très bien d’être en province et nous sommes très heureux de l’être, mais il n’en reste pas moins que beaucoup d’acteurs et d’opportunités se trouvent à Paris.

Et sur les clientèles haut de gamme et luxe, c’est un marché intéressant.


TourMaG – Votre positionnement sur des niches vous permet-il de mieux résister au contexte économique et géopolitique ?

Olivier de Nicola :
Tout le monde est sensible au contexte géopolitique et à l’inflation, même si certains produits peuvent paraître plus résilients.

Prenez le Marathon de New York : il est moins sensible que d’autres. Il est moins sensible aux aléas de dernière minute. Quand vous avez six mois d’entraînement derrière vous, vous n’allez pas forcément décider au dernier moment de ne pas y aller ou d’annuler.

Maintenant, nous avons constaté que le contexte aux Etats-Unis a tout de même impacté le Marathon de Chicago.

Pour le golf, c’est également une passion. Les golfeurs ont envie de découvrir d’autres parcours. Ils peuvent choisir leurs destinations en fonction du contexte géopolitique, mais ils ont envie de continuer à voyager et à pratiquer leur passion.

Dans le voyage de luxe, la sensibilité à la géopolitique reste la même, mais la sensibilité à l’inflation est un peu moindre.

Nous avons également beaucoup de chefs d’entreprise parmi nos clients. En période d’incertitude pour leur activité, ils peuvent être davantage concentrés sur leur entreprise et déclencher leurs voyages plus tardivement. En 2027, nous serons sur une année d’élection, et nous savons aussi qu’ils seront davantage dans leur entreprise l’année prochaine…

Nous avons donc été affectés, bien sûr, mais peut-être moins fortement que ce que nous avons pu entendre sur l’ensemble du marché.


TourMaG – Quel regard portez-vous sur l’intelligence artificielle et son impact sur vos métiers ?

Olivier de Nicola :
La technologie est très positive. Elle donne accès plus rapidement à des compétences et à des connaissances. Nous l’utilisons, nous gagnons du temps et nous allons plus vite. Il y a beaucoup de tâches simples, notamment de traitement, qui peuvent aujourd’hui être réalisées plus rapidement.

Mais il reste une problématique liée au vécu.

Dans le voyage de luxe notamment, une partie de la valeur vient de ce que nous avons vu, vécu et parcouru. Je me vois mal dire un jour à quelqu’un qui dépense beaucoup d’argent pour son voyage que nous ne sommes jamais allés sur place et que nous avons simplement suivi ce qu’une technologie nous a recommandé.

C’est aussi là que se trouve la valeur ajoutée.

L’IA peut très bien vous parler d’un golf. Mais si je reviens d’une destination, que j’ai testé les parcours et que j’ai mon propre avis, je pense que cela apporte quelque chose de différent.

Si vous utilisez l’IA en abandonnant complètement le terrain et que vous ne savez plus rien, je ne suis pas certain que vous conserviez la même valeur ajoutée.

Je reste positif. Le métier du voyage s’est adapté à toutes les évolutions. Je suis plus proche de la fin que du début de ma carrière dans le voyage, et j’ai vu cette profession évoluer. Je continue à avoir confiance dans sa capacité d’adaptation.


TourMaG – Et sur le recrutement, comment parvenez-vous à attirer de nouveaux profils ?

Olivier de Nicola :
Nous avons une certaine attractivité parce que nos activités sont liées à des passions. Les personnes que nous recrutons sont parfois passionnées de golf, de course à pied ou rêvent de travailler dans l’événementiel. Nous sommes attractifs grâce à cela.

La partie voyage est finalement un plus. C’est peut-être dommage, parce que je ne sais pas quel pourcentage de la jeune génération rêve aujourd’hui de devenir agent de voyages. C’est compliqué.

Et c’est encore plus vrai dans le voyage de luxe, parce qu’il faut vraiment maîtriser le métier. Cela demande de l’expérience, des connaissances et du vécu.

C’est pour nous une vraie question à moyen terme : comment faire évoluer et transmettre cette compétence ?

L’IA, la techno donnent accès à des compétences, c’est très bien, mais il y a une problématique qui va être le vécu…


Céline Eymery Publié par Céline Eymery Rédactrice en Chef – TourMaG.com
Voir tous les articles de Céline Eymery

  • picto Facebook
  • picto Twitter
  • picto Linkedin
  • picto email
Ajoutez TourMaG à votre flux Google Actualités Google Actualités icône

Air Caraïbes – French bee: Paul-Henri Dubreuil and the Revolving Door of Executives [ABO]


Air Caraïbes - French bee : Paul-Henri Dubreuil et la valse des dirigeants - Photo CH

CroisiEurope


Until the early 2020s, Air Caraïbes and the Dubreuil Aéro group as a whole were held up as a model in France.

It must be said that, at the same time, Air France regularly made headlines due to recurring labor conflicts and results not always matching those of its rivals.

Corsair continuously sought shareholders to avert a feared catastrophe, at the time, following the aborted takeover attempt by Air Caraïbes’ former management.

Then, slowly, the good pupil’s aura began to fade. The ascent of Paul-Henri Dubreuil to the head of the holding company that oversees the two firms in the family group was deemed necessary to preserve the father‑son relationship, according to the whispers we gathered, but also to give a direction to the family empire.

For now three years, a wind of instability has blown over a group that, since its creation and up to Marc Rochet’s departure, had known only one leader.

“The operational results of the Dubreuil Aéro Group have only declined since 2022, while Corsair has moved out of the red. There was a kind of reverse movement.

Strategic errors were made and you can start to see it, even if overall the entity is well managed,
” a well‑informed observer of the group tells us.



Paul-Henri Dubreuil and Christine Ourmières-Widener, a year and then they’re gone…



Since the end of the health crisis, Corsair has shown it can adapt very quickly, but also push its higher-end positioning, while the Dubreuil group would, on its side, have perhaps lost some of its momentum.

This back-and-forth movement is not hard to trace. One must look back to the induction of Paul-Henri Dubreuil at the head of the holding company that oversees the two firms of the family group.

On July 1, 2023, Marc Rochet was compelled to relinquish the general management of Air Caraïbes, while accompanying the new general manager, Christine Ourmières-Widener, as she took office.

The son of Jean-Paul Dubreuil thus ends a duo that had enjoyed great successes for twenty years.

A way, as we wrote at the time, for Jean‑Paul Dubreuil’s son to assert his takeover by forming a new duo, in the image of what his father and Marc Rochet had successfully done.

The entourage of the historic leader thus packs its bags and Christine Ourmières-Widener arrives with her close circle. Methods that disrupted the habits of the family business, while Sophie Jean-Victor, the sister of Paul-Henri Dubreuil, who was then responsible for communications and marketing, was also sidelined.

“Fundamental things were then broken. The company’s identity withered.

Overhead costs rose, substantial salaries were granted to newcomers, then it had to be paid back when parting with them.

Today, some managers are no longer reachable, because processes have been put in place, a bit like a major such as Air France. The contact has become somewhat dehumanized
“, we are told.

When you scrutinize Air Caraïbes’ social accounts, personnel costs rose from €24.57 million in 2022 to €30.56 million two years later, an increase of 24.3%. An increase that may seem significant. Yet, in volume, these costs are roughly similar to those of 2019.

The Christine Ourmières-Widener era was ultimately rather welcomed by some unions, who highlighted a more humane and close management approach.

Moreover, the processes have allowed for the professionalization of the organization and the improvement of the teams’ work. “She sounded the end of the recreation“, comments a former member of her close circle.

Was the challenge to bring the group up to European airline standards to better sell it? It is a rumor that circulated at the time.


Grégory Jamet imagined taking the helm of Dubreuil Aéro and then…

Yet, in December 2024, Christine Ourmières-Widener literally vanished. In the same vein as their commercial director, Brannon Winn, who would never return from summer holidays, without an explanation.

Thus, in January 2025, the sanction falls. Christine Ourmières-Widener and her faithful right-hand are removed. The separation is formalized.

Without knowing the exact reasons, even if we are told—in one account, a major clash, and, on the other, two letters from management in the Caribbean critiquing the CEO—one thing is certain: the link between the shareholder and the former leader would have grown distant over time.

Without a CEO, Paul-Henri Dubreuil would then personally take the reins of the holding, that he had previously resisted aviation, wary of Covid and the industry’s astronomical losses.

He does not yet imagine that the post requires a clear vision, sharpened knowledge, and a great deal of networking with officials to steer the two airlines.

At the head of the group, he looks at the sector, without pretense, all the more so since it remains highly strategic for the family business thanks to its substantial cash position.

Ultimately, the mission is not as easy as expected; he struggles to legitimize his position as airline boss, causing the business’s momentum to falter, and then a new leadership candidate shows up.

At the head of the group, he takes an interest in the sector, without pretense, all the more so as it remains highly strategic for the family business thanks to its significant cash reserves. Ultimately, the mission proves not as easy. Then another leadership contender emerges.

In October 2025, Grégory Jamet was appointed Chief Executive Officer of Groupe Dubreuil Aéro Services, a subsidiary that brings together the support functions for the aviation pole. The man thus imagines himself quite capable of leading the airlines.

The former CEO of COHOR, the association responsible for coordinating schedules at French airports, has been in the fold for several months, but seems to have the boss’s ear.

Paul-Henri Dubreuil extols his CV, speaks of him with high praise, and has him sit at his right during the Comex… until his downfall.


An unsettling instability for the employees

But already, in spring, the tensions flare. Grégory Jamet is sidelined, he does not intervene, or very little, during meetings. His word no longer carries the same weight.

In June last year, in front of many employees, the appointment of Géry Mortreux as general manager of the Air division of the Dubreuil Group is announced, without the former COHOR DG being informed. His departure becomes inevitable.

And while the teams are not yet aware, his ouster is not even mentioned in the press release announcing his… replacement last week.

Now, it is the turn of the former Deputy General Manager Engineering & Maintenance of Air France to bring stability and discipline to a group that seems to be navigating by sight.

Géry Mortreux did not follow the classic path of a future airline executive. He mainly managed maintenance and operations, whether at Corsair or Air France. The new leader will therefore need to add depth.

With a good reputation, he arrives with the ambition to repair the accounts of the two airlines, while internal governance instability begins to weigh on the inside. Continuous leadership changes are not well regarded.

Remember that the group is also going through a delicate social period. The latest strike by PNC at French bee showed that internal dialogue was completely closed.

Within the teams and externally, these last three years are seen more as a period of economic regression, in terms of image and strategic vision.

In addition, the group is going through a delicate social period. The latest PNC strike at French bee demonstrated that internal dialogue was completely closed.

The situation seems more tempered at its tarmac neighbor. “The low-cost exists thanks to the good financial results of Air Caraïbes, but also because it bears certain costs, such as spare aircraft and other charges.

De plus, nous ne comprenons pas pourquoi elle multiplie les ouvertures de lignes qui ne sont pas toujours rentables, deplores a salariée.


Afterwards, the company has never been very transparent. One cannot say there has been a grand revolution; the main change is the instability at the leadership“.