150 Years of Holiday Camps: A French Exception Worth Preserving [ABO]


La « colo » devrait avoir de beaux jours devant elle. A condition que le pouvoir politique admette la nécessité de ne pas détruire un « jouet » qui a mis 150 ans à se développer… - DepositPhotos.com, gpointstudio

Costa Rica


Que s’est-il passé ? Depuis une époque douloureuse où les villes asphyxiées par l’installation d’usines, d’ateliers et de transports divers, ne recelaient plus un air respirable, des âmes sensibles suivant le modèle mis en place en Suisse (voir encadré) eurent l’idée d’envoyer à la campagne des enfants malingres, chétifs, désœuvrés et livrés à eux-mêmes dans un espace urbain ouvert à tous les dangers, donc risquant de « mal tourner » !

Reçus soit dans des familles d’accueil, soit dans des centres collectifs histoire de se faire une santé physique, ces jeunes profitèrent aussi des valeurs prônées par les mouvements d’éducation populaire qui, au fil des années, tentaient de façonner un tourisme accessible et profitable à tous.

La machine était lancée.

Répondant à la vocation hygiéniste de l’époque, l’Etat et la collectivité participaient au financement de tels séjours qui, dans les années soixante, accueillaient plus de 4 millions de jeunes Français. Un record jamais égalé depuis!



A Continuing Decline

Au contraire ! L’histoire glorieuse des « colos » n’est pas linéaire.

Entre 2018-2019 et 2024-2025, près de 132 000 départs de mineurs ont été rayés des listes des jeunes vacanciers. Soit une baisse de 9%.

Sur la seule année passée observée, le nombre de départs en séjours avec hébergement recule de 4%, soit de 50 000 départs, alors que la population augmente. Mais, pourquoi cette hémorragie ?


A Chronic Financial Problem

Une récente enquête Ifop concernant des enfants de 5 à 19 ans, comme tant d’autres au fil des années, invoque cette fois encore, le coût des « colos » !

Pour 52% des parents d’enfants, c’est bel et bien le cas.

Et cela d’autant plus que le paradoxe de la formule réside dans le fait que les classes les plus modestes sont aidées financièrement en fonction des quotients familiaux, alors que la classe moyenne supérieure, en particulier celle qui ne dispose pas de Comités d’entreprise, ne l’est pas.

Une singularité qui fait baisser drastiquement le nombre de partants, surtout quand on sait qu’un séjour qui s’appuie sur une activité nécessitant équipements et personnels très qualifiés (voile, équitation, ski, golf… et séjours linguistiques) avoisine les 400 à 500 euros la semaine, voire plus !

Une somme que peu de familles peuvent débourser, surtout quand elles ont deux ou trois enfants à envoyer en vacances ! Et qu’elles ont ensuite les séjours familiaux à payer.

Quand on sait que le budget moyen pour un foyer pour les vacances estivales se situe autour de 2 000 euros, le calcul est vite fait.

On sacrifie la « colo » et l’on se dépanne comme on peut pendant une partie des vacances avant de s’offrir quelques jours ensemble.

Ainsi, depuis 2020, on enregistre 7% de départs supplémentaires en famille. Une bonne nouvelle confortant la nécessité pour parents et enfants de se retrouver dans un cadre délivré de contraintes.

Mais, dans le même temps, un tiers des enfants et des jeunes âgés de 5 à 19 ans ne sont pas partis du tout en vacances en 2025. Une mauvaise nouvelle qui représente 4,2 millions d’enfants et de jeunes et souligne les inégalités sociales d’un pays comme le nôtre.

Lire aussi : Les colonies de vacances menacées par le budget 2026 ?


Safety under Question

Autre frein à l’envoi d’enfants en « colos », celui concernant la sécurité en général.

Sécurité sanitaire et sécurité liée à des risques de maltraitance de la part de l’encadrement. Une crainte intensifiée par le climat dans lequel est plongée la France à l’heure actuelle.

Certes, les cas sont rares. A moins qu’ils ne soient pas encore révélés. Mais, l’anxiété est réelle et pénalisante pour une formule qui est pourtant soumise à des règles drastiques en matière d’encadrement, activités de loisirs et éducatives.

Autre obstacle au départ, le rejet des séjours collectifs par certains enfants. Généralement les plus jeunes qui, soit ont fait une mauvaise expérience, soit ont entendu leurs proches en parler, soit préfèrent rester chez eux ou chez leurs grands-parents. Lesquels ne l’oublions pas, offrent une solution de « gardienage » très utile aux jeunes couples ne disposant pas d’autant de temps libre que leurs enfants.

N’oublions pas non plus que les 5 semaines de congés ne suffisent pas à prendre en charge des enfants dont les congés sont de 16 semaines !


The “Tour of the Colos”: a Summer Initiative of the JPA


The Invention of Summer Camps

« Les colonies de vacances sont nées à la fin du XIXe siècle. Si certains chercheurs proposent différentes origines aux « colos » en s’appuyant sur des structures existantes auparavant, c’est souvent le pasteur Bion qui en est présenté comme l’inventeur. Ce serait d’ailleurs lui qui leur a donné leur nom, « Ferienkolonien ».

En 1876, ce pasteur de Zurich constate que des enfants de la ville étaient en mauvaise santé alors que les enfants de la campagne étaient en meilleure santé. Il décide alors d’amener 68 enfants de Zurich sur le plateau d’Appenzell durant les mois d’été et continue sur sa lancée les années suivantes, impulsant un mouvement imité dans de nombreux pays d’Europe.

Très vite, il a existé deux types de colonies : le placement familial, par groupes de deux ou trois enfants dans une famille, le plus souvent paysanne et la colonie collective où les enfants logent tous dans la même structure.

Organisée en 1881 par le pasteur Lorriaux, la première colonie de vacances française (de type placement familial) a été soutenue par des Caisses des Écoles, notamment Parisiennes sous le nom de colonies scolaires. Elles étaient laïques, puis se sont diversifiées parmi les pratiquants des autres religions… »

Extrait de « Enfances et jeunesse infos »



Josette Sicsic - DR

Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.

Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.

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Bon Air Club Aims to Create a New Generation of Outdoor Base Camps


Bon Air Club veut inventer une nouvelle génération de « camps de base » outdoor - Photo Bon Air Club

CroisiEurope


Between glamping, sport tourism, and micro-adventure, Bon Air Club seeks to create a new category of tourist accommodation.

The young French company will open its first site in July 2026 in the Alpes Mancelles, with the ambition to roll out five outdoor “base camps” in France within five years.

Founded in 2025 by Ségolène Desplanques, Grégory Thibord and Pierre-Yves Le Gal, the company is betting on evolving traveler expectations: “We have seen several trends emerging: the rise of outdoor activities, especially among urban audiences, but also a demand for local travel with greater flexibility,” explains co-founder Ségolène Desplanques.


The concept sits at the crossroads of camping and traditional hoteliering. But the co-founder stresses the distinction from conventional outdoor-hospitality models.

“What we offer is a reconnection to nature through movement. We lean more toward outdoor sport and adventure,” she explains. The first site will eventually include 40 accommodations on eight hectares.

The concept rests on “base camps” that are open nearly year-round and designed for outdoor activities: trail, hiking, gravel biking, kayaking, rock climbing or bivouacking, all within easy reach.


The first establishment will open in Saint-Léonard-des-Bois, in Sarthe


Bon Air Club a été créé en 2025 par Ségolène Desplanques, Grégory Thibord et Pierre-Yves Le Gal - Photo Bon Air Club

The first établissement will open in Saint-Léonard-des-Bois, in the Sarthe department, in the heart of the Alpes Mancelles. Located less than two and a half hours from several major metropolises, the site has been chosen for its potential for outdoor activities.

The project, supported by Sarthe Tourism and the Pays de la Loire region, represents an investment of 6.5 million euros.

The base camp will include, at opening, 36 accommodations, a central refuge with a restaurant and an indoor climbing wall, a forest spa and several convivial spaces.

To reinforce the outdoor dimension, the site will also offer rental equipment and various gear dedicated to sports activities.

“We have an outdoor center with equipment at disposal, bikes, climbing gear, bivouac kits or gear for heading out even when it rains,” details Ségolène Desplanques.


Funding rounds completed with bank financing.

To finance its development, Bon Air Club has carried out several fundraising rounds, complemented by bank financing.

“We carried out two fundraisings in parallel: one for the holding company and another to fund the first site,” explains Ségolène Desplanques.

According to the co-founder, the financing of the first base camp rests mainly on a banking pool comprising three institutions, supplemented by private investors and regional support.

“The order of magnitude is around 7 million euros of investment per site,” she notes.


One site per year to build a national network of five base camps

Ultimately, Bon Air Club plans to open one site per year to establish a national network of five base camps.

The company favors redeveloping existing sites rather than building on virgin ground, particularly due to constraints linked to zero net artificialization (ZAN).

“Starting from virgin land to launch a tourism offer has become almost impossible today,” says Ségolène Desplanques.

The leader mentions notably taking over former holiday villages or small quirky accommodation facilities facing economic difficulties: “Many project developers struggle to endure over time without scaling up to a size that would allow hiring employees,” she notes.